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David Nahmany

le récit

les mots

Soif

Fraise

Chaud.

Au réveil ce matin la chaleur m’a pris à la gorge , je me suis levé tant j’avais soif .
A ma fenêtre, alors que je dégustais des fraises , j’ai entendu des chevaux hennir. Deux
magnifiques chevaux arabes , blancs, amoureux, se blottissaient l’un contre l’autre.
J’étais comme pris de vertige, tant cette scène me semblait irréelle .Leur posture, si imbriqués l’un dans l’autre donnait l’impression d’une continuité, c’était un seul corps et non deux.
J’assistais à une reconstruction deux corps qui n’en était qu’un , un débâtissaient !
Plus loin à l’horizon , deux hommes , se soutenaient mutuellement , un père ? un fils ? et cet arbre magnifique sorti de nulle part , dans une terre aride. Et cet horizon dégagé permettant
de penser très loin . Où étais-je ? Étais-ce un rêve ou la réalité?

la version IA

Au réveil, il n’y eut d’abord que trois mots.
Soif.
Fraise.
Chaud.

Comme si le corps avait parlé avant la pensée.
Une bouche sèche cherchant l’eau,
une mémoire rouge et sucrée au bord des lèvres,
et déjà cette chaleur lourde, ancienne,
celle qui colle à la peau autant qu’aux souvenirs.

Puis vinrent les deux chevaux blancs.
Leurs têtes serrées l’une contre l’autre
comme si la séparation n’avait jamais existé.
Deux êtres ou un seul corps hésitant à se diviser.
Ils avaient la douceur du silence
et la violence discrète des liens impossibles à rompre.
On aurait dit une fidélité primitive,
une fraternité sans parole,
ou peut-être le reflet d’un homme face à lui-même.

Ensuite, l’arbre sec.
Planté dans une terre aride comme une mémoire debout malgré tout.
Deux silhouettes marchaient de dos,
l’une plus vieille, l’autre plus jeune,
et l’on ne savait plus lequel guidait l’autre.
Ils avançaient vers l’horizon
comme on avance vers une réponse qui se dérobe.

Alors sont venus les derniers mots :
vertige
et débâtissement.
 

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