Pascale Malaterre
le récit
les mots
Toboggan
escargot
fraîcheur
bouleau (j'ai pas réussi à le placer, erreur de ma part, car 2 fois Toboggan)
altérité
papillon
lèvres
glace
altitude
débâtissement
vertiges
Hier matin, j'ai dit au revoir à un escargot. Puis, dans la fraîcheur. j'ai marché vers la route. Naturellement, les mots qui me viennent sont "faire du pouce". Je tends le pouce et la première voiture qui passe, s'arrête sur la route déserte en direction du village, à 8 km.
L'heure que j'ai choisie est sécuritaire. Plus tôt, ça craint, à cause des fachos. La poussière dans la voiture me fait deviner que celui qui se présente comme Ilia, est maçon. Super sympa. Je pense au toboggan des jardins publics, exactement là où il me dépose, face à une navette de village qui me mènera à une gare, puis au train.
La navette n'est pas encore là : un marcheur, un motard au regard glaçant qui occupe tout le banc.
Un vertige me prend.
De la musique techno vient du pont en fer, et, en haut de ce qui ressemble à un toboggan, un peintre en bâtiment repeint la fresque dédiée aux gitans catalans. Je filme les traces de corps sous la première couche de peinture.
Déjà, en haut, des papillons locaux, des lèvres du coin, de la glace d'antan recouvrent les sommets de paysages nostalgiques, en altitude ... Oui, il faut que je m'habitue à ce débâtissement de rébellion, car vous l'avez deviné, la mairie a vacillé à droite.
Je retourne vers la navette. Je parle avec le motard. À la fin, je le prends en photo, et celà lui apporte de la joie.
Je prends la navette.
la version IA
Au sommet du toboggan, l’enfant hésite, puis rit. Un escargot traverse la rampe comme un vieux capitaine patient. La fraîcheur du matin colle aux joues et dénoue les peurs. Sous le bouleau, l’ombre ourle le sol de taches laiteuses.
L’altérité se glisse dans le jeu: chacun descend à sa manière.Un papillon découpe l’air, ponctuation vive du silence.
Les lèvres apprennent des mots simples, mais vastes. La glace, au kiosque, fond plus vite que les promesses. À cette altitude modeste, tout paraît pourtant immense. Vient l’aurore, encore, tressant son fil rose. Un bruissement passe, robe légère du vent. Éphémère est la buée sur la main, pas la sensation. Le toboggan devient rivière, fuite d’acier poli. L’escargot, stoïque, trace une comète au ralenti. La fraîcheur s’invite jusqu’au cœur, claironnant le réveil. Le bouleau prête son blanc aux songes des bancs. L’altérité a des noms: sœur, ami, inconnu qui sourit.
Le papillon, soudain, se pose sur une manche. Les lèvres goûtent un sucre qui rappelle un été lointain. La glace égoutte des perles, petit chapelet d’adieux.
L’altitude se mesure en courage plus qu’en mètres. Alors commence le débâtissement des peurs anciennes.
L’aurore recule, mais n’abandonne pas.
Un bruissement repart, messager discret.
Éphémère, peut-être, cette scène — mais pas sa lumière.
