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Patrick Alvarez

le récit

les mots

Chance

Santé

Température.
Cheval

Tête-à-tête

Pourquoi.
Plaisir

Instant

Femme.

Débâtissement

Vertige.

ALCHIMISTES DU BONHEUR

En ce matin du solstice d’été, Guillaume van ÁdalWari se réveille en se demandant où il
est, c’est ainsi chaque matin depuis qu’il est reparti pour un second tour du monde.
Il tend le bras et perçoit le corps chaud de Maria Helena, la jeune femme retrouvée à Cusco. Art de l'éveil de cette féminité sauvage, échos du désir sous le voile de la sensualité ; dame des ombres et des lumières.
Cela avait commencé quelques temps plus tôt dans le vol de 09h15 entre Miami et La paz El alto.
Le hasard de l’attribution des sièges par la compagnie aérienne les avait placés côte à côte.
Salutations courtoises, quelques mots échangés en essayant plusieurs langues, avant d’opter pour l’espagnol. Après le plateau-repas du dîner, tentative de sommeil. Durant la nuit, il la frôle lorsqu’il remonte sur elle la couverture glissant au sol, à chaque fois elle esquisse un sourire badin.
Comme lui, elle voyage sac sur le dos. Ils se séparent après l’atterrissage, sachant qu’ils ne se reverront vraisemblablement jamais, comme cela arrive fréquemment dans les voyages.
Au marché central Pedro de Cusco, ils tombent nez à nez. Vous ici ?
Manifestement enchantés de se retrouver.
Dans ma culture, si les dieux décident que nos chemins se croisent une seconde fois, c’est qu’ils souhaitent que nous nous connaissions… Ne contrarions point les desseins des dieux !
Il a conscience de sa chance. En dépit de leur différence d’âge, c’est elle qui est venue à lui ; plaisir de ce tête-à-tête maintenant prolongé depuis plusieurs jours. Il ne s’en lasse pas.
Il est en bonne santé, mais souffre quelque peu de la température ; pour cette raison ils ont dû abréger une randonnée à cheval.
Ils empruntent le chemin de fer au départ d’Ollantaytambo jusqu’à Aguas Calientes. Là, pour atteindre le Machu Picchu à 2.430 m, l’alternative est la navette en minibus ou le vertigineux chemin de l’Inca.
Un instant il hésite, mais elle lui glisse à l’oreille : Le chemin…
Comment lui résister ? Va pour le chemin !
Un fois, pas deux. Lorsque l’on est sujet au vertige – son cas – c’est une épreuve à la fois mentale et physique, à flanc de montagne.
Une fois arrivés, heureux constat.
Une des résidences de l’empereur inca Pachacútec, Machu Picchu est explorée en 1911 par l’archéologue Hiram Bingham ; depuis, les travaux de restauration permettent d’enrayer le débâtissement du site par la végétation tropicale.
Mais pourquoi construire cette cité au XV ème siècle, perchée sur un promontoire rocheux difficilement accessible, abandonnée lors de l’effondrement de l’Empire inca au XVI ème siècle ?

C’est bien la question à se poser lorsque le voyageur contemple cette œuvre maîtresse de l'architecture.

la version IA

COPILOT
Elle avançait lentement dans le jardin encore humide de rosée, persuadée que la chance
lui souriait enfin. Depuis quelques semaines, elle sentait sa santé revenir, comme si une force
nouvelle circulait en elle. La température douce de l’aube enveloppait chaque pas d’une promesse
silencieuse. Au loin, un cheval immobile semblait l’attendre, dressé devant une bâtisse en
débâtissement. La scène lui donna un léger vertige, comme si le monde hésitait entre chute et
renaissance. Elle s’approcha, intriguée par cette présence inattendue. L’animal tourna la tête, et un
tête-à-tête muet s’installa, chargé d’une intensité qu’elle ne s’expliquait pas. Pourquoi ce regard la
touchait-il autant ? Elle resta là, suspendue à cet instant, consciente que quelque chose d’essentiel
se jouait. Une femme sortit alors de l’ombre, un sourire discret accroché aux lèvres. « Il vous
attire, n’est-ce pas ? » dit-elle doucement. Elle hocha la tête, incapable de masquer le plaisir que lui
procurait cette rencontre inattendue. La femme s’approcha du cheval, posa une main sur son
encolure et ajouta : « Certains moments arrivent pour nous rappeler que tout peut recommencer.
» Elle sentit ces mots résonner en elle comme une vérité ancienne. Le vent se leva, léger, presque
tendre, et fit frémir les feuilles autour d’elles. Elle inspira profondément, consciente que ce matin
marquait un tournant. Elle ne savait pas encore ce que l’avenir lui réservait, mais elle se sentait
prête à l’accueillir. Prête à reconstruire, malgré les ruines. Prête à avancer, malgré les doutes. Prête
à croire, malgré les peurs. Et tandis qu’elle s’éloignait, elle comprit que ce moment resterait gravé
en elle, comme un signe discret que la vie, parfois, murmure à ceux qui savent écouter.

GEMINI

Le box est sombre, l’air est lourd. Dans ce tête-à-tête silencieux, je pose ma main sur son
encolure trempée. La chance balance, le diagnostic est incertain : la santé de mon cheval vacille,
sa température grimpe et frôle les 39°C. Chaque pulsation sous mes doigts résonne comme un
compte à rebours.
​Soudain, le souvenir de cette femme me traverse l'esprit, par un pur réflexe de fuite. Elle aimait le
plaisir instant, celui qui se cueille sur le vif, sans penser au lendemain. Je revois ses
débattissements désordonnés sous l'effet de la panique ou de l'extase, ce moment précis où la
vitesse devient trop grande, où la raison cède. Un vertige pur, violent, qui vous tord le ventre
avant l'obstacle. Ici, face à l'animal fiévreux, je retrouve exactement ce même vertige. Cette
frontière infime où tout peut basculer, entre la vie qui bat son plein et le vide qui appelle.

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